A Budapest avec « une cible dans le dos »

Après 13 longs mois sans compétition officielle, privés de Jeux, de Championnat du monde, d’épreuves de Coupe du monde, les pentathlètes ont rendez vous à Budapest pour la première étape du circuit mondial ce mercredi 24.
Soumis à des règles sanitaires strictes, les athlètes vont se livrer à un combat certainement féroce avec pour certains la quête aux points comptant pour la qualification pour les Jeux Olympiques. Et même pour ceux qui comme Valentin savent déjà qu’ils représenteront leur pays à Tokyo dans quatre mois ce rendez vous va servir à se jauger, et aussi à récolter des informations cruciales sur la forme de des adversaires.
Dans quel état d’esprit Valentin aborde t’il cette compétition, dès jeudi avec les qualifications, c’est ce que nous avons voulu savoir, interview :

Comment te sens-tu à la veille du début de la première épreuve de coupe du monde de la saison ?

Je suis heureux de reprendre le circuit de coupe du monde, là où nous l’avions arrêté, après l’étape du Caire en février 2020. Et je suis prêt à retrouver la compétition, d’autant que, pour la première fois de l’histoire ce circuit va courir sur deux ans. Puisqu’avec la Covid l’étape de coupe du monde de Budapest est donc la numéro deux du circuit.
Pour rappel, l’an dernier au Caire, je m’étais classé 7eme en inscrivant 23 victoires pour 12 défaites en escrime, 2’09 en natation (bassin 50m), 1 barre tombée en équitation et 11’24 au combiné.
Alors, je me sens prêt et résolu car cette année d’entraînement supplémentaire m’a permis de faire progresser mon pentathlon. Dès le premier confinement, j’avais compris qu’il allait falloir m’adapter très vite aux contraintes d’alors. En 24h, j’avais pris la décision de trouver le lieu optimal qui me permettrait de continuer à m’entraîner dans les meilleures conditions (et vous aviez pu suivre mon confinement landais sur le blog et les réseaux sociaux 😉

Dans un premier temps, j’avais profité de cette période pour augmenter mes charges d’entraînement physique que je partageais régulièrement avec l’équipe de France de triathlon, elle aussi confinée dans les Landes. Puis, avec l’été et les incertitudes de calendrier toujours présentes, j’avais choisi de porter mes efforts sur les épreuves techniques, en quête de toujours plus de finesse et de fluidité.
L’année 2020 a été une année complète dans l’entraînement. Et c’est pour cette raison que je me sens prêt pour aller chercher le meilleur dans chaque épreuve, avec la forme du moment. C’est mon habitude que de démarrer souvent en douceur les saisons et de monter mon niveau étape après étape.
Donc cette première épreuve internationale va me permettre de retrouver des sensations et de prendre des repères pour continuer à travailler et me perfectionner jusqu’à Tokyo.

T’es-tu fixé des objectifs de classement pour ce retour à la compétition officielle ?

Mon objectif est d’arriver à tenir l’intensité, tout au long de la compétition.
Il y a trois semaines, j’avais réussi à tenir cette intensité lors des qualifications, mais en finale je n’avais plus d’énergie. Je vais donc aller chercher plus loin, en me concentrant sur la finale sur cette étape samedi. Un pentathlon c’est un marathon de 2 jours et il faut jouer en jonglant avec toutes ses compétences pour le mener de bout en bout avec l’intensité désirée.
Et je compte sur vous pour m’envoyer le maximum d’énergie et de bonnes ondes pour m’aider à repousser le plus loin possible mes limites du moment !!

Sur quels critères concrets sportifs vas-tu juger de ton niveau sur cette compétition à seulement 5 mois des Jeux ?

Comme à chaque compétition où je suis engagé, je vise la plus haute performance, je vise l’or. Je me concentre sur chaque épreuve avec la même détermination: celle de donner le meilleur de moi-même. J’optimise mon niveau du jour et on fait les comptes une fois franchie la ligne d’arrivée 🏁 car, quand j’ai donné le meilleur, je suis toujours content de moi. Après, évidemment, le classement dépend du niveau de forme de mes adversaires et là-dessus je n’ai aucun contrôle.

Justement, vas-tu prêter attention aux résultats de tes adversaires qui sont en forme, et est-ce que la guerre psychologique avec les autres athlètes va commencer en vue des JO

Effectivement en étant champion du monde en titre et en ayant deux étoiles sur le dossard, il y a toujours une belle cible épinglée sur mon dos. Je m’y suis habitué et j’essaie de la faire grandir à chaque compétition. Car il n’y a que mes adversaires qui peuvent la voir car moi, je suis centré sur mes épreuves et sur la recherche constante de progrès, qui me permettent d’affiner, jour après jour, mon pentathlon.

Même sans public, tu seras à Budapest, au pays du Pentathlon, le champion du monde en titre sur la ligne de départ.

Oui, encore un rendez-vous à Budapest, la terre du pentathlon. Sans public, certainement comme aux prochains Jeux, ou plutôt sans public international!
Mais je m’y suis préparé et j’ai toujours avec moi les personnes qui comptent le plus: à Budapest ou à distance, je sais qu’elles suivent, comme vous, l’avancée de mon rêve olympique.