Ce que je dois vous dire de mon confinement - Valentin Belaud
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Ce que je dois vous dire de mon confinement

Hello à tous,
Après quelques semaines de confinement tout est en place pour moi. Mais revenons un peu en arrière, je dois vous dire comment tout cela s’est fait. C’était le weekend d’avant confinement, c’était un vendredi soir à la fin de l’entrainement à l’INSEP, où comme d’habitude je m’apprêtais à rentrer à la maison après une belle semaine d’efforts. Quand sur mon téléphone je reçois une nouvelle notification de l’application l’Equipe avec ce titre :
« l’INSEP ferme ses portes pour les quinze prochains jours » !!

Interloqué, dubitatif, je n’y croyais pas vraiment, avant de constater qu’autour de moi chacun remballait ses affaires.
Ca devenait réel dans ma tête, dans nos têtes car j’étais accompagné d’Elodie. Ma première réflexion fut de me dire, « mais c’est bon ça va rester un peu ouvert, juste pour que l’on puisse s’entrainer ». C’est Elodie qui m’a tout de suite remis face à la réalité, il fallait que l’on récupère toutes nos affaires d’entraînement pour aller « ailleurs » nous entrainer !
Sur le trajet du retour, après avoir chargé la Honda de toutes nos affaires et même mon dernier SPEEDO, je me suis mis à réfléchir sur ce qui se passait et sur cette mesure exceptionnelle. Les informations nous avaient informés sur la situation de l’Italie, c’était donc maintenant notre tour. Nous étions à 72h du confinement. Ma tête n’arrêtait pas de tourner, j’imaginais pleins de scénarios et il y en avait un que je ne voulais pas vivre, c’était celui de rester enfermé dans mon appartement. Moi, l’hyperactif qui ait besoin de liberté et d’espace, je ne pouvais pas rester à Paris. Alors on passait les destinations possibles en revue avec Elodie. « Allez on va à Saint-Etienne on aura de l’espace ». Mais non en fait, on sera sans piscine et surtout avec les parents, pour nous qui avons l’habitude de préserver notre vie de jeune couple, ce n’était pas possible d’y passer un confinement. Et ce malgré tout l’amour que nous portons à mes parents et beaux-parents lesquels, je le sais, nous comprendrons. Enfin, l’idée est venue, je me souvenais de photos sur Instagram d’une location de chalet dans les Landes. Mais comment retrouver le lieu ? Je n’avais rien enregistré… Après trois heures de recherches interminables à essayer tous les mots possibles je retrouve cette fameuse location. Une victoire, je n’y croyais plus. Tout de suite j’ai décroché mon téléphone pour appeler le propriétaire et lui demander de nous héberger. Il s’est laissé la nuit pour y réfléchir. Et, le samedi matin au réveil j’avais un message de sa part :
 » je suis d’accord, mais vous devez arriver avant dimanche soir. »
Nous avons passé la journée à nous organiser, nous partions comme pour un stage, mais pour combien de jours ?
Je pensais 15 jours. Mon père gendarme me disait plutôt 45 jours. Bref nous partions en stage sans date de retour, une première.
23h les sacs étaient bouclés, il restait plus qu’à charger la voiture et prévenir la voisine pour lui demander de s’occuper de notre « chez nous » en notre absence. Minuit pile, direction les Landes. Ma première fois en conduite de nuit mais c’était le plus simple pour arriver au plus vite dans notre lieu de confinement. Une nuit sur l’autoroute, c’est long, c’est droit et il y a personne… Parfait moment pour réfléchir à ce qui venait de se passer. Nous sommes arrivés au petit matin au fin fond de la forêt dans notre paradis de confinement. Et oui, le chalet est grand, nous avons un extérieur, une salle de musculation et une forêt de pins magnifique.

J’étais heureux mais très fatigué…
Après une bonne sieste nous sommes allés à la découverte de ce nouveau lieu avant le début du CONFINEMENT. La première semaine est passée assez vite, nous étions dans notre rythme d’entrainement et malgré les changements de conditions, nos corps étaient bien. Assez vite les réseaux sociaux nous ont rattrapés, les médias aussi, et après quelques interviewes, la nouvelle est tombée : les Jeux Olympiques sont décalés d’un an.
S’en est suivie une phase de déprime complète… Le moment le plus dur de mon confinement. Un moment inévitable pour moi, ce sont les Jeux. Quand j’ai pris mon ordinateur, et que j’ai effacé les compétitions de la saison, que j’ai effacé les Jeux, ça été très dur. Bientôt 4 ans que j’attends ce moment et il faudra patienter un an de plus pour aller à Tokyo. Le Japon est bien le modèle du pays de la résilience, à mon tour de travailler ma résilience, mais surtout de tout faire pendant un an pour être meilleur. Après avoir parlé avec ma psychologue au téléphone, tout reprenait forme, je comprenais ce que je venais de vivre.
Et depuis, malgré des moments de bas, après 6 semaines, je me sens transformé. Je sens que le confinement m’a fait avancer d’un seul coup et aujourd’hui en ce 27 avril 2020, je suis prêt à transformer ce temps en force supplémentaire pour être meilleur le 6 aout 2021. Un an de plus avec vous, à partager, à échanger sur ma quête d’or olympique. Ma vie de confiné s’est transformée, tout a changé, mes repères ont été bouleversés mais ma boussole indique toujours l’Est…. Tokyo!

Mon billet pour les Jeux Olympiques a été validé comme pour 53% des athlètes, et je peux donc travailler sereinement les 16 prochains mois. Mais comme lors de tout bouleversement, ma vie a changé, mon rythme aussi. Après de belles matinées d’entrainement cardio et physique, je consacre mes après-midi à la technique et à mes nouveaux hobbys. J’ai commencé une formation d’anglais et je suis en apprentissage de pilotage de drone. Je peux désormais aller jusqu’à l’océan tout en restant dans le chalet. Je réalise tous les jours la chance que j’ai d’être ici, en bonne santé et avec toute ma famille saine et sauve… Je vous dirais bientôt comment va s’organiser le déconfinement pour moi mais surtout comment va se construire cette année de rab. Une olympiade de 5 ans suivie d’une autre de 3 ans pour Paris. Plein de nouvelles choses arrivent, une nouvelle organisation, une nouvelle vie quoi. Derrière tout nuage il y a le soleil et c’est bien lui que je garde au fond de moi en me répétant qu’après tout bouleversement, il y a de nouvelles opportunités à saisir. Mon attestation qui m’accompagne tous les jours pendant mon activité physique m’inspire. Aux cotés des ‘courses de première nécessité’, il y a cette case qui n’est pas là sans raison, ‘activité physique’, le sport quoi. Le Coronavirus va changer nos vies et si le sport peut y jouer un rôle majeur, un premier rôle, je serai là pour l’accompagner. mais de cela, je vous dirai plus très vite, dans un prochain article. Belle semaine à tous,
Val