Ce que le confinement m'a appris - Valentin Belaud
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Ce que le confinement m’a appris

56ème jour ici dans les Landes. La date du 11 mai est à ma porte et avec elle des orages et une alerte rouge météo.
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Dois-je y voir un signe de la vie ? Dois-je encore rester ici ? Après tant de temps passé dans ces conditions je commence à ressentir de la sympathie pour ce confinement. Il était redouté au début, nous le craignions tous, mais qu’en est-il après 56 jours avec lui ?
Je crois que je finis par l’aimer ce Bureau en pleine forêt, cet enfermement, ce confinement, serais-je atteint d’une forme de Syndrome de Stockholm ?
Ici, les semaines de travail sont bien différentes. Entre chaque bon repas, 1 heure d’activité physique. Il y a aussi des réunions Zoom sur la terrasse sous mon parasol pour éviter le soleil, des journées Netflix et les soirées dégustation de vin à distance.
Ah que la « guerre » est dure ! Mon grand-père me l’avait dit. Je ne pensais jamais la vivre à la maison. Car, quelle mission difficile pour nous citoyens français de rester chez nous, chez nous devant la télé, à manger et à boire. La guerre du 21ème siècle est bien différente. Peut-on sérieusement d’ailleurs l’appeler guerre ?
Autrefois, c’étaient des balles et des bombes sur des champs de bataille. Maintenant, ce sont des masques et des gants pour remporter cette guerre et rester en bonne santé.
Finalement, il n’a jamais été aussi facile de se protéger de ce virus, manger sainement, bien s’hydrater (de l’eau bien évidement) et pratiquer de l’activité physique. Et être jeune aussi. Mais ça a toujours été le cas en temps de « guerre ». Les anciens restent à la maison et c’est à la jeunesse de défendre le pays. Les anciens ont déjà donné pour nous protéger et c’est à nous de les protéger. En respectant les gestes barrières. C’est à notre tour les jeunes, de donner le meilleur et d’esquisser le monde de demain. Sans entrer dans des choses trop utopiques, par de simples gestes nous pouvons améliorer notre lendemain. Un petit peu tous les jours ou alors le plus souvent possible, sans stress, il faut juste se mettre en mouvement et se lancer. En commençant par faire du sport. Pas de règles, chacun son rythme, chacun sa passion, l’essentiel est ailleurs ou l’essentiel est de donner le meilleur. Et pas d’excuses. Aujourd’hui il est possible de faire du sport de façon ludique à peu près partout, alors on se lève et on y va !
Après cette bombe de bienfaits pour notre corps et notre esprit, on passe aux choses sérieuses et on rentre en cuisine. La France est connue pour sa gastronomie, à nous français de lui faire honneur. Grace aux réseaux sociaux aujourd’hui tout le monde peut être Top Chef. Peut-être pas à la TV, mais être son Top Chef à soi et pour ses proches. Les conseils sont simples : des fruits et légumes de saison et beaucoup de créativité avec l’aide si besoin de l’Internet.
Et enfin ça m’a sauté aux yeux dès le début de ce confinement, de l’entraide, de la générosité, de la bienveillance. Je crois qu’il faut des moments pénibles pour que jaillisse ce besoin, cette envie. La bienveillance n’avait jamais vraiment disparue, mais elle a clairement fait campagne pendant ce confinement et je crois que c’est la grande gagnante. C’est tellement beau de voir tous ces gens qui sont allés aider les personnes dans le besoin. D’abord en allant soutenir nos aîné(e)s. Puis, est venue l’entraide entre voisins, l’entraide à toute échelle, comme le simple fait de tenir une porte à quelqu’un. Tous ces petits gestes du quotidien améliorent la vie de tout un chacun. Ce confinement nous a obligés à nous adapter. Et, au début il y avait bien de la résistance aux changements, mais c’est bien normal, c’est humain que personne ne veuille changer du jour au lendemain. Et puis, comme je vous le disais, pierre après pierre nous avons construits, nous avons changé. Il faut l’accepter. Changer est tout simplement naturel. Voyez nos cellules comme elles se régénèrent tous les jours, comme elles vivent, se reproduisent puis meurent pour laisser la place à de nouvelles jeunes cellules, c’est le cycle de la vie. Alors je crois que je vais me servir de cette alerte rouge météo pour rester encore un peu dans ce confinement. Et puis j’ai une autre excuse, ma piscine est fermée à Paris. Enfin, « ma piscine »,  celle de l’INSEP. La ministre a essayé de faire le maximum pour l’ouvrir mais ce n’est pas son heure. Il faut être patient. Il faut attendre la deuxième vague, pas celle dont personne ne veut et redoute, mais celle des décrets ministériels pour que je puisse retrouver mon bureau de tous les jours, celui de Paris. Je vous rassure, ici le bureau est pas mal aussi, sans cette pluie il est presque idyllique.
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Deux mois que je travaille, que je télé-travaille, deux mois que je donne le meilleur. Je sens que j’ai progressé en mettant tous les jours une pierre de plus à mon édifice. Dans 64 semaines je serai à Tokyo, la route est longue, la route est courte, je vais simplement continuer à donner le meilleur et saisir ma chance à chaque instant pour monter sur ce mont Fuji.
Bon déconfinement à tous, soyez prudents, et respectez les gestes barrière.