Iten, ce lieu culte - Valentin Belaud
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Iten, ce lieu culte

Tandis que Valentin s’acclimate à l’altitude et aux conditions de sa vie Kenyane pour 3 semaines, je vous propose un gros plan sur Iten devenue une destination culte pour l’entraînement en altitude au contact des meilleurs coureurs du monde. L’histoire des camps d’entraînement remonte à près de 50 ans. Peu avant les Jeux Olympiques de Mexico, quelques militaires kenyans, étaient envoyés en altitude avec pour consigne : « vous êtes des soldats, vous êtes nos ambassadeurs, vous devez vaincre ». La formule moderne des camps d’entraînement remonte quant à elle au milieu des années 90. Les premiers coureurs européens osent ce grand voyage. Ce sont des baroudeurs, des aventuriers. Ils ne craignent pas cette route montagneuse et ses embûches pour rejoindre Nyahururu où est implanté le camp de Moses Kiptanui.

Ils ne redoutent pas de dormir à la dure dans de modestes hôtels où les repas sont frugaux à base d’ugali et de chapatis.
Des centres d’entraînement de ce genre, vont alors se former, Eldama Ravine, Kabarnet, Kapsabet, Ngong, Eldoret, Iten, beaucoup créés par des athlètes retraités, investissant dans des sortes de motels à la kenyane.
Aujourd’hui, la place forte de l’entraînement d’altitude au Kenya, c’est Iten. Là aussi, un premier centre fut installé début des années 2000. Rien de plus qu’un hôtel où l’eau chaude coule au robinet et où la salade de crudités peut se manger sans risque de tourista.

Ce gros bourg situé à 20 kilomètres d’Eldoret abrite également la célèbre école où Brother Colms a déniché et formé tant et tant de coureurs dont le plus doué d’entre eux n’est autre que David Rudisha, le recordman du monde du 800 mètres.
Valentin lui a choisi le lieu proposé par Lornah Kiplagat, qui a remporté 4 titres mondiaux dans sa carrière.

Les conditions d’accueil se sont largement améliorées. Des coureurs y ont investi une partie de leur gain, une économie de la course à pied s’y est développée, et le dernier gros investissement est justement le centre de Lornah, un vrai centre aux normes occidentales avec piscine et piste en tartan.

Mais, entreprendre un tel voyage reste une aventure. Car c’est un choc de franchir la grande arche qui barre la route d’Eldoret et qui vous souhaite le welcome.

Voyage initiatique, un stage à Iten, c’est espérer trouver l’inspiration. Rien ne remplace ce contact charnel avec la terre, avec ces hommes et femmes que l’on croise dans le froid des petits matins. Les mêmes que l’on retrouve sur la vieille piste d’Iten à enchaîner des séries meurtrières.

Les descendants de David Rudisha ou d’Asbel Kiprop, de ceux capables d’approcher les 2h 02’ au marathon. C’est oser mettre un pied dans leur ombre, à l’école de l’endurance. C’est échanger une simple poignée de main, plus encore c’est désirer partager un verre de thé si sucré que les coureurs kenyans affectionnent tant.

Un stage à Iten, Il faut en retenir l’essentiel, l’ouverture sur les autres. Pour mieux se comprendre et mieux s’accepter.