« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. » - Valentin Belaud
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« Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »

Assis parmi tous les aoutiens qui vont reprendre le cours de leur vie, leur quotidien, je regarde les paysages défiler derrière la vitre du train. Un jour surement je serai comme eux, un brin déprimé à la fin de mes vacances. Un jour, mais pas tout de suite!
Depuis 13 ans maintenant la fin août signifie pour moi l’arrivée des Championnats du Monde.
Rien de plus excitant donc que d’arriver à cette période, dans cette dernière ligne droite après 12 mois de préparation et de réglages, c’est la compétition de l’année. C’est elle qui sacrera le meilleur d’entre nous, le champion. Tous les ans, le même déroulé, un début de saison au rythme régulier et une fin d’été où tout s’accélère, au goût de Dead Line, ou plutôt Gold Line.
J’ai énormément travaillé lors de ce stage à Font Romeu.
Ce weekend a d’ailleurs marqué le début de ma régénération. Après de lourdes charges de travail, il faut bien récupérer.

Pendant 3 semaines, j’ai fait beaucoup de cardio sur la nouvelle piste ; et de beaux entrainements d’escrime, comme prévu, pour retrouver le rythme et de la justesse dans mes assauts.

Je redescends de la montagne, avec beaucoup d’excitation et un corps que je sens transformé.

Font-Romeu, c’est ici que tout a pris forme, ici que je me prépare pour être prêt au moment opportun depuis 13 ans. Font-Romeu, là où tout a commencé pour moi en 2006. J’arrivais avec plein de rêves dont le 1er était d’intégrer l’équipe de France, ce qui fut fait un an plus tard, j’avais 15 ans. Je rêvais aussi de monter sur un podium européen (2008). Alors j’ai rêvé plus grand et en 2012 je suis devenu Champion du monde Junior. C’est encore ici que je me suis donné les moyens de devenir champion du monde senior en 2016.

Depuis ce titre, il ne me reste plus qu’une marche à franchir mais quelle marche… Celle qui mène sur le toit de l’Olympe, celle qui offre l’or olympique, le Graal de tout sportif. Comme j’ai raté ce rêve Olympique à Rio, j’ai oublié de savourer le titre mondial obtenu peu avant, et oublié d’apprécier ce plus beau moment de ma carrière d’athlète, Les Jeux, des instants suspendus pour lesquels toute ma famille était réunie autour de moi au Brésil. Quelle fierté pour un enfant de s’accomplir sous les yeux de ses parents. C’était un aboutissement. Ça a donc été le plus beau moment et le plus dur, j’avais réussi à être aux Jeux entouré des miens, mais pas à monter sur le podium. Sans doute une mauvaise gestion émotionnelle de ce moment, j’ai fait une compétition quelconque. J’avais rêvé des Jeux sans jamais m’y projeter, sans jamais m’y être réellement préparé mentalement. Mais, c’est cette année 2016 qui a été la plus enrichissante et c’est elle qui m’a permis de grandir et de me construire afin de préparer au mieux la prochaine olympiade qui arrive dans tout juste un an.
Pour cela, il me faut me qualifier. Il y a un mois je suis passé à côté des 8 premiers quotas aux Europe, et dans 10 jours il n’y aura que trois quotas supplémentaires de délivrés, et aux seuls médaillés des Championnats du monde. Les places sur le podium auront donc un goût de sushi Tokyoïte.
Objectivement, je ne serai pas favori à Budapest, mais ma force c’est d’avoir déjà conquis ce titre. Comptez sur moi, j’y serai pour donner le meilleur de la première touche d’escrime à la ligne d’arrivée du Combiné.
Et, peu importe le résultat en fin de compte. Car au 1er juin 2020 j’aurai marqué assez de points pour être dans les derniers quotas olympiques distribués aux mieux classés de la saison, les plus réguliers. Je le sais, j’irai aux Jeux, même si je dois avoir le dernier des billets, j’y serai. D’ici là, je m’applique la devise de Nelson Mandela ; « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends. »