Le sacre était pour aujourd'hui - Valentin Belaud
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Le sacre était pour aujourd’hui

C’est aujourd’hui, 8 aout que je devais entrer dans l’arène à Tokyo. Fort de mon expérience et des 4 dernières années je serais parti pour donner le meilleur jusqu’au sommet du Mont Fuji 🗻
Plutôt que d’imaginer à quoi cette journée tant attendue aurait ressemblée, je fais dans ma tête un retour sur mon année 2016, celle de mes premiers Jeux.
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C’était la plus belle et la plus dure des années. En juin, j’entrais dans l’Histoire en étant le plus jeune champion du monde de mon sport et en août je rentrai en avion à côté de la première médaillée française de pentathlon, Elodie Clouvel. Des sentiments partagés m’envahissaient, entre la joie de son argent et la déception de mon rendez-vous manqué avec l’Olympe.

Lors de la cérémonie de clôture, dans le monumental Maracaña, je me suis juré au moment de l’extinction de la flamme que je reviendrai plus fort, armé et meilleur au prochain rendez-vous olympique. La date était fixée à ce 8 août 2020, et finalement je devrais patienter jusqu’au 7 août 2021 !
Une année de plus pour continuer de me préparer, de m’entraîner et de progresser.
Je crois que le test pour moi est arrivé lors du confinement. Nous avions deux choix ; laisser la vie nous aspirer dans son enfermement ou aller chercher dans ce moment historique de nouvelles armes pour progresser, encore…

J’ai passé trois mois concentré sur cet objectif et entouré des meilleurs triathlètes français. J’ai tout donné pour mettre à profit cette période. Je savais tous les matins la chance que j’avais d’être ici dans les Landes et en bonne santé. Chaque entraînement était une chance et je m’étais promis d’en profiter au maximum en pensant aussi à tous ceux qui voudraient être à ma place. À chaque moment dur je pensais à ça et j’y trouvais toujours plus d’énergie pour continuer de me dépasser. Je me devais de respecter cette chance qui m’était offerte et de tout mettre à profit pour progresser. Là était mon challenge. Ce confinement a été studieux et riche d’apprentissage. Je voulais être à Tokyo aujourd’hui mais la vie en a décidé autrement. Je vais donc continuer (après les vacances 😎) ce travail et en août prochain je donnerai le meilleur pour atteindre mon rêve. Au-delà de mon rêve, il y a toutes les personnes qui m’entourent depuis le début et me soutiennent. A commencer par ma famille.
Après 6 mois sans voir mes parents, j’ai pu passer une soirée avec eux. Je sais que ces absences sont dures pour eux depuis 14 ans j’ai quitté mon foyer. Il me faut donc ramener des médailles pour donner un sens à ces absences (comme l’explique très bien David Douillet dans le Documentaire sur Teddy Riner). Je m’y attèle tous les ans lors des championnats et pour l’instant la jauge est positive, le contrat est rempli.
Et à chaque fois, à chaque victoire, dans le regard de mes parents cette fierté de voir s’accomplir leur enfant. Ce devait être pour aujourd’hui, ce sera pour l’année prochaine.
Et je veux un jour aussi vivre cela en tant que père et profiter à mon tour des projets et des victoires de mes enfants. Les victoires de la vie qui dépassent bien facilement un terrain de sport, elles sont partout, tous les jours. Les petites victoires acquises rapidement, et les grandes, les plus rares qui peuvent prendre des années, oui des dizaines d’années sans jamais être sûr de les conquérir. La seule chose que l’on sait c’est que l’on va donner le meilleur soi, là est l’essentiel, là est le travail, là est ma raison de vivre.