Merci - Valentin Belaud
2195
post-template-default,single,single-post,postid-2195,single-format-standard,tribe-no-js,ajax_fade,page_not_loaded,,qode-title-hidden,paspartu_enabled,qode_grid_1200,footer_responsive_adv,qode-content-sidebar-responsive,transparent_content,qode-theme-ver-17.2,qode-theme-bridge,qode_header_in_grid,wpb-js-composer js-comp-ver-5.6,vc_responsive

Merci

Double champion du monde.
Après ma première étoile en 2016 il m’aura fallu trois ans pour construire et m’offrir la deuxième. Je revois le champion du monde de 2016 que j’étais avec le sentiment que c’était un enfant. Cette deuxième étoile, je l’ai conquise en tant qu’homme.
Et, je suis fier aujourd’hui de tous ces choix qui m’ont permis de grandir comme sportif et surtout en tant qu’homme, preuve s’il en fallait que le sport est bien l’école de la vie.
Car depuis 2016 tout a changé, sauf mon cœur et ma soif de victoires.
Ma 20eme place aux Jo à Rio, deux mois après mon premier titre mondial, a vraiment été un électrochoc pour me décider à prendre un nouveau virage dans ma carrière.
Après la cérémonie de clôture au Maracaña je me suis juré que je reviendrai aux Jeux pour aller chercher l’or. La carrière d’un sportif est éphémère, il faut s’investir très vite et tout tenter pour atteindre ce Graal de tout sportif. Je ne souhaite pas vivre de regrets à la fin de ma carrière, mais pouvoir refermer ce chapitre dans quelques années en me regardant dans la glace et en me disant que j’ai donné le meilleur de moi-même pendant ces années de haut niveau.
Alors, ce virage devait se faire rapidement et impliquer des gens nouveaux autour de moi pour construire mes futures victoires. A Rio, Sebastien Deleigne (double champion du monde) était venu me voir aux JO en tant que spectateur, lui qui avait été mon coach formateur quand je faisais mes premiers résultats chez les jeunes. C’est à lui que j’ai proposé en premier cette nouvelle aventure. Il y a cru et c’est un juste retour qu’il soit venu ce weekend me rejoindre sur la plus haute marche du podium.

Mais attention, en 2016, il n’était pas question de reproduire les schémas du passé. Il nous fallait un nouveau plan de bataille pour aller chercher l’or à Tokyo.
La Fédération a tout de suite validé ce choix, et nos nouvelles orientations à moi et Elodie, puisque dans le plan proposé, il était question de nous deux et de la conquête de deux médailles aux Jeux de 2020. Depuis lors, nous n’avons pas varié, notre objectif reste le même et nous travaillons tous les jours pour l’atteindre.
Après cet accord décisif de notre Fédération, tout était à construire. Nous avions « la liberté » de nos choix mais avec la peur de nous tromper, de nous perdre face à cette page blanche.
Le vrai départ pour l’aventure Tokyoïte pouvait donc démarrer en début d’année 2017. Sébastien nous rejoint, avant même d’être officiellement détaché comme notre entraîneur national. Comme notre volonté avec Elodie était de s’entourer des meilleurs dans chaque discipline, nous partons en quête de ceux qui sauraient s’adapter à notre sport sans chercher à faire de nous des nageurs, des épéistes ou des coureurs à pied ; mais de meilleurs pentathlètes. Rendez-vous est pris à Saint-Maur avec Daniel Levavasseur pour intégrer la Team qui porte son nom. Ce Maître mondialement reconnu qui a amené nombre d’escrimeurs sur la plus haute marche (dont Laura Flessel) nous faisait rêver.
Il avait déjà fait gagner le pentathlon en escrime dans les années 90, mais comment le convaincre ? Après 20 minutes de discussion c’était fait. Il avait suffi de lui dire que l’on souhaitait décrocher l’or olympique. La curiosité et le challenge l’ont piqué. La Team Levavasseur est exclusivement composée d’escrimeurs qui viennent à St Maur des quatre coins du monde. C’est donc l’endroit parfait pour travailler face à différents jeux dans un cadre bienveillant que Daniel porte en lui et dont il imprègne toutes les personnes qu’il côtoie.

Georges Karam, son adjoint nous a tout de suite donné de nouvelles recettes pour découvrir de nouveaux jeux.
Pour la natation, cherchant à nous entourer des meilleurs nous avons tout de suite pensé au Cercle des Nageurs de Marseille entrainé par Romain Barnier. Notre agent, Jean-Francois Sallesy organise la rencontre, et nous apprécions la chance de bénéficier des conseils d’un super entraineur.
Nous avons essayé la méthode marseillaise, Romain nous a donné le meilleur et était prêt à poursuivre l’aventure. Mais nous avions besoin de plus de proximité. Avec 5 disciplines à travailler il faut centraliser au maximum les lieux d’entraînement. Je n’oublie pourtant rien de ses conseils, et j’applique toujours les exercices qu’il m’a fait découvrir, mais sous la direction de Sébastien et à l’INSEP.
En équitation pas de changement, le meilleur nous l’avions déjà au sein de la Garde Républicaine avec Cédric Maniglier.

Et puis la Garde, c’est là où je suis né, ou j’ai grandi. Deux fois par semaine nous pouvons travailler sur des chevaux différents et nous pouvons même plusieurs fois dans la saison travailler avec Nicolas Sanson au Cadre Noir de Saumur. Le Top.
Si vous me suivez toujours, il restait à trouver la perle pour m’entrainer sur mon épreuve favorite, le combiné ou Laser-run (course+tir).
C’est là que les choses sérieuses ont démarrées avec des essais fantasques en course. Avec un premier entraîneur qui avait décidé de ne pas nous faire pratiquer le combiné à l’entraînement, c’était sa recette magique pour gagner. Ça restera sa recette mais pas là notre. Certes on voulait faire la révolution, mais on se disait que c’était trop illogique pour être vrai!
Depuis bientôt un an c’est finalement Pascal Clouvel, (ancien coureur international sur 5000m) le père d’Elodie qui nous accompagne. C’est avec lui que nos entraînements de course sont conçus et c’est avec Sébastien qu’ils construisent nos séances de combiné.

Je suis aujourd’hui le meilleur coureur du circuit mondial, ça m’a profité aux Europe mais surtout aux Mondiaux et comme le tir se met en place progressivement….
Pourtant, vous l’avez vu avec cette saison il m’a fallu tout reconstruire sur cette épreuve et passer par des moments d’énormes doutes. Ces 2 années sans pratiquer l’épreuve à l’entrainement, c’est dur…
Ces échecs à répétition, m’ont néanmoins apporté le dernier maillon de ma réussite.
J’ai en effet eu un déclic en lisant un livre dans l’avion qui m’emmenait vers la finale de coupe du monde en 2018.
« Chercher sa route pour trouver son chemin » de la psychologue Meriem Salmi. Je l’ai dévoré et il a fait germer en moi cette envie de travailler avec cette femme.

Elle accompagnait les meilleurs (Teddy Riner), alors pourquoi moi? C’était le doute que j’avais.
Ghani Yalouz et Florian Rousseau à l’Insep m’ont aidé à la contacter et ma Fédération m’a permis de mettre en place le suivi. (Quel stress lors de mon appel, l’appel d’une vie!)
Quelle femme ! Dès les premières secondes elle a su trouvé les bons mots pour que je m’ouvre, moi, et que le travail puisse commencer.
Un an après, j’ai ma deuxième étoile ⭐️⭐️
Une recette magique? Des clefs magiques? Non, beaucoup de travail qui dépasse le simple cadre du sport et me façonne, me construit en tant qu’homme, et m’aide à être meilleur en sport mais aussi dans ma vie.
Je ne la remercierais jamais assez ainsi que les personnes qui m’ont permis de travailler avec elle. Merci aussi à Armelle Van Eecloo au sein de ma grande maison ‘Insépienne’. Danseuse et chorégraphe Armelle intervient en optimisation du geste pour améliorer la mobilité et la souplesse.

Ça y est Armelle. J’ai enfin apprivoisé notre travail et il est le premier à démarrer mes entrainements, mes journées de compétition. On va pouvoir passer à des niveaux plus profonds, plus intéressant afin que je maîtrise et utilise encore mieux mon corps, de façon encore plus stratège.
Et puis il y a le petit supplément d’âme. Je peux même devenir superstitieux et dire que j’ai aussi gagné ces championnats parce que je portais pour la première fois les couleurs de l’association EspoirSLA sur mon maillot, ce poing fermé, plein d’espoir.

Il y a un an tout juste je proposais qu’à chaque touche réussie en compétition d’escrime je fasse un don d’un euro à l’association, pour que chaque touche me rapproche de la victoire et de son histoire, pleine d’espoir pour la vie. C’est ce même poing qui annonçait ma victoire que j’ai brandi après mon dernier tir.

Merci à toutes ces bonnes personnes, femmes et hommes qui forment cette structure autour de nous, dévolus à notre performance.
NOUS, car toute cette histoire je ne la vis pas seul, mais avec ma chérie, Elodie, qui reste ma plus grande force.
J’ai un an pour continuer à progresser avec tous ceux qui me conseillent au quotidien dans chaque discipline et devenir le meilleur pentathlete à Tokyo, car là est mon objectif, notre objectif avec Elodie.
Merci à elle qui est ma plus grande force et à toutes les personnes qui gravitent autour de moi.
Ma famille en premier lieu (au sens large), mon club de la VGA, Sebastien Blanchoin qui me conseille en tir, la ville de Saint-Maur, le département de l’Aude qui m’a fait ambassadeur pour Tokyo. Mes partenaires, l’Armée de Champion, APRR qui me met sur l’autoroute aujourd’hui et après ma carrière, Speedo, Antares, l’institut Esthederm et ma Fédération qui m’accompagne pour me mettre dans les meilleures conditions pour que je ramène à la France le plus de médailles possible.

Merci à tous pour votre bienveillance et l’énergie que vous m’apportez au quotidien, j’ai rêvé de cette vie, je vis ce rêve et si je peux faire rêver les autres c’est un grand honneur!