Valentin Belaud

Valentin dans L’Equipe

Le journal L’équipe est en grève et c’est bien dommage puisqu’il consacre un article à Valentin et Elodie. Du coup, seuls les abonnés à l’Equipe.fr ont pu lire aujourd’hui ce très bel article signé Céline Nony que vous retrouvez ici en cliquant.

Pour les autres, je vous le propose ci-après :

Clouvel-Belaud, acteurs de leur ambition

La structure qu’Elodie Clouvel, vice-championne olympique à Rio, et son compagnon Valentin Belaud, désormais double champion du monde (2016 et 2019), ont élaboré au sortir des Jeux de 2016 porte ses fruits. Même si tout n’a pas été si simple.
Dans quelques jours, Elodie Clouvel (31 ans) et son compagnon Valentin Belaud (28 ans) vont s’envoler pour deux semaines de stage à La Réunion. Ils enchaîneront avec une Coupe du monde en Hongrie fin mars, deux autres en Bulgarie, la finale en Corée du sud et les Mondiaux à Minsk, avant d’affronter leur grand défi commun : décrocher l’or aux Jeux de Tokyo. Pour le couple phare du pentathlon moderne français, ce sera l’occasion de valider, définitivement, l’idée audacieuse qu’ils ont soumise à la fédération française, quelques jours seulement après la médaille d’argent de l’une et l’échec olympique de l’autre (20e) à Rio.
Au vu de leurs résultats respectifs en 2019, on aurait tendance à affirmer qu’ils sont dans le vrai : Belaud a reconquis l’or mondial décroché en 2016, alors que Clouvel caracole en tête des bilans mondiaux. Mais ce serait un constat biaisé. « On a ouvert un nouveau livre, commencé à remplir les pages blanches et, forcément, certaines ont servi de brouillons, il a fallu changer des choses », résume Valentin Belaud.
Le projet, c’était d’individualiser leur préparation. Aucun des deux ne rejette le système qui les a formés, mais ils ont ressenti le besoin de sortir du cadre, de ne plus se fondre dans le groupe qui continue d’évoluer à l’Insep. « Ça s’était très bien passé avec le staff de l’équipe de France, remercie Elodie Clouvel. Mais j’avais besoin d’aller chercher autre chose, qu’on s’entoure des personnes qui nous conviennent, qui nous comprennent et nous accompagnent dans ce qu’on veut faire. On avait besoin de cette autonomie, de cette liberté-là. Ce que tu n’as pas dans un groupe. » Belaud traduit ce sentiment autrement : « J’avais besoin d’être acteur, d’aller au bout de mes convictions et de grandir comme ça. Quitte à ce que ça ne marche pas. »
Autour de Sébastien Deleigne, l’ancien champion du monde, ils se sont donc entourés d’entraîneurs spécialisés dans chacune des disciplines. Mais, après deux ans de vie, l’écosystème a bien failli sombrer. « Un des entraîneurs s’est avéré néfaste, manipulateur. Il nous a détruits », lâche Belaud. Aucun des deux ne le nomme, mais ils l’ont signalé au ministère des sports.
« J’étais complètement manipulée, poursuit Clouvel. On s’est embarqué là-dedans avec Val’, parce qu’on est très loyal. Quand on donne notre confiance, on n’y réfléchit plus. Mais j’étais à deux doigts d’arrêter. Je n’arrivais plus à m’entraîner, à rien faire. J’étais en dépression, anémiée. » Par pudeur, son compagnon hésite à révéler cette blessure psychologique qui l’a éreintée lui-aussi. Mais, en 2018, un déclic s’opère, en même temps que leur rencontre avec la psychologue Meriem Salmi. « Elle nous a reconstitués de l’intérieur, glisse Elodie Clouvel. Cette personne a fait beaucoup de dégâts, mais on les a transformés en force. »
Au-delà de la leçon, tous les deux revendiquent le Kintsugi, cet art japonais qui consiste à réparer des porcelaines en apposant des feuilles d’or, pour symboliser leur chemin. « Avec du travail et un bon accompagnement, on embellit les vases cassés, on finit par briller », disent-ils. « Assez naturellement, on a sorti la pomme pourrie et on peut, depuis, recommencer à cultiver ensemble. D’ailleurs, ça a renforcé nos liens avec les autres membres de notre équipe, qui avaient observé tout ça sans pouvoir nous aider », souligne Valentin Belaud.
Autour de leur table, ils se nourrissent de personnalités riches, de Sébastien Deleigne et Meriem Salmi donc, mais aussi Daniel Levavasseur et son adjoint Georges Karam, les maîtres d’armes, Pascal Clouvel, père d’Elodie, qui fut international d’athlétisme, Cédric Manéglier de la garde républicaine et Nicolas Sanson du Cadre noir, ou la danseuse Armelle Van Eecloo, qui les aide dans leur quête d’optimisation du geste. « C’est devenu simple et fluide », savoure le duo. Elodie Clouvel et Valentin Belaud ont décidément retrouvé le goût de leur sport, et renoué avec l’ambition qui les anime et doit les porter aux sommets cet été.

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